Système PV avec stockage : un dispositif innovant et expérimental à Grenoble

Le 17 mai, une centrale photovoltaïque en autoconsommation a été inaugurée sur les toits de l’Agence locale de l’énergie et du climat de Grenoble (ALEC). Retour sur cette innovation avec Jérôme Buffière, chef de projet à l’agence.

Quelques mots sur le projet ?

« Ce type d’installation est à la fois un démonstrateur technique et un modèle économique sans précédent.

  • Équipé de stockage, il a été mis en œuvre au sein de City-zen afin d’expérimenter l’autoconsommation de l’énergie produite. Les 55 panneaux solaires photovoltaïques couvrent 30% des besoins en électricité du bâtiment. 80% de la production du système solaire est autoconsommée sur place. Le suivi en temps réel de la production et de la demande le garantit.
  • L’installation solaire permet à l’agence de bénéficier d’une réduction des charges de copropriété générées par la réduction de la facture d’électricité. Dans un contexte réglementaire en évolution rapide, ce type d’installation permet de mieux exploiter la production locale et pourrait constituer un modèle compétitif pour d’autres porteurs de projets (bâtiment tertiaire et industriel, copropriété, etc.). »

Quelles ont été les difficultés dans la réalisation du projet et comment

« Le défi était triple : technique, financier et juridique.

Le premier était de travailler avec la structure existante du bâtiment tout en respectant les conditions mécaniques et d’étanchéité. Une étude d’implantation a permis de conclure que 5 rangées de 11 modules pouvaient être installées sur le toit. Pour limiter la charge mécanique, nous avons utilisé un support innovant qui permet une intégration sans soudure et qui est très léger, et fabriqué en France !

Nous avons également rencontré une difficulté à nous connecter au réseau électrique car notre projet est dans une configuration qui n’est pas bien décrite et couverte par la réglementation française. En France, pour l’autoconsommation, il existe deux méthodes de valorisation de l’électricité : l’autoconsommation totale ou l’injection du surplus d’électricité. Nous avons choisi d’injecter l’excédent, mais le gestionnaire du système avait besoin d’un deuxième compteur, ce qui aurait généré des coûts supplémentaires. Enfin, nous nous attendons à ce que le gestionnaire accepte de programmer les compteurs existants, à nos frais mais moins cher que l’installation d’un deuxième compteur.

Financièrement, l’analyse de rentabilisation reste difficile car nous avons rencontré des coûts d’assurance trop élevés par rapport aux bénéfices de l’installation et le prix de l’électricité conventionnelle vendue en France aux consommateurs est bas, ce qui nuit à la rentabilité du projet. »

Mots de la fin?

« La phase de test a commencé, plusieurs choses restent à améliorer, notamment le modèle économique, mais nous sommes sûrs que cette expérimentation ouvrira la voie à d’autres projets, en particulier sur les bâtiments où la demande d’énergie s’adapte dans une large mesure à la production solaire. »

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